L’importance d’être aimé.e

Cher.es lecteurs et lectrices, parmi la dizaine d’entre vous qui me lisez régulièrement, certain.es auront remarqué que j’ai quitté Facebook. Ce n’est pas la première fois. Mais ce sera peut-être la dernière, si je conserve le courage de ne pas y retourner. Le documentaire atuellement diffusé sur Netflix (“Derrière nos écrans de fumée”) ne m’a pas convaincu de l’inanité des réseaux sociaux ; j’en étais conscient depuis longtemps. Si je restais, c’était d’une part pour garder le contact avec des ami.es et rester informé de leurs sorties littéraires, d’autre part pour faire la promo de mes propres livres.

Je me suis rendu compte que je passais finalement plus de temps à me prendre la tête avec des platistes, anti masques, antivax, Quanonistes et à me faire insulter, et que ça ne m’apportait rien de positif (en passant, n’oubliez jamais qu’on est toujours l’idiot.e de quelqu’un). J’ai réalisé que j’avais beaucoup d’autres moyens de rester en contact avec les gens qui comptent vraiment. Que je pouvais me tenir au courant des sorties littéraires autrement. Et que l’impact marketing de mes innombrables posts était quasi nul. En somme, j’ai considéré la balance prise de tête / profit et celle-ci était déficitaire.

Comment Facebook gagne-t-il de l’argent ? Principalement, en amassant vos données personnelles. Egalement en cultivant et diffusant la haine. Et aussi avec des photos de chatons. Mais d’abord et surtout, en générant des hormones.

Justin Rosenstein, le créateur du bouton Like, n’avait pas mesuré l’impact de son invention. On sait aujourd’hui que recevoir des Like génère de la dopamine, de la sérotonine, de l’ocytocyne et de l’endorphine. Ce qu’on appelle les hormones du bonheur. C’est agréable de produire ces hormones, on se sent bien, on se sent mieux. Oui, sauf qu’il y a un problème : c’est addictif. Si vous discutez avec des gens qui ne likent pas vos posts, qui sont en désaccord avec vous, non seulement vous n’aurez pas votre récompense, mais vous obtiendrez l’effet inverse, qui peut dans certains cas mener à la dépression et au suicide. Le meilleur moyen de générer ces hormones, c’est de discuter avec des gens qui vont liker vos posts, qui seront donc d’accord avec vous. C’est ainsi qu’un utilisateur lambda va se couper de tous ceux et toutes celles qui ne sont pas d’accord avec lui ou elle, et va finir par se retrouver dans un monde merveilleux totalement auto-centré. Vous auriez tort de négliger ce phénomène (qui porte certainement un nom, mais j’ai la flemme de chercher, n’hésitez pas à le donner en commentaire si vous le connaissez). Certains instituts de recherche estiment que la défiance envers les vaccins, la hausse des théoriciens des complots, le mouvement Qanon et in fine le résultat de certaines élections présidentielles, ont été directement influencés par les réseaux sociaux.

Dommage que je n’ai pas été capable de produire cette influence sur la vente de mes livres, me direz-vous ! Et nous vivons à une époque où il serait illusoire de s’affranchir totalement de ces outils. En tant qu’écrivain, c’est compliqué, à moins d’être très connu. C’est pourquoi j’ai tout de même conservé un profil Instagram.

Que vous le vouliez ou non, vous faites partie de ce monde. A moins de partir sur les routes en van aménagé (et ça me démange, croyez-moi), vous n’échapperez pas à la réalité (Quoi que ça se discute, si j’en juge les multiples posts Instagram de baroudeur.se.s photoshopé.es.). Bref, la réalité, c’est cette dystopie dans laquelle nous vivons et qui est dominée par le GAFA. Je n’ai pas eu d’autre choix que de sortir mon bouquin sur Amazon.

Est-ce que ça me rend heureux ? Hé bien, je suis content d’avoir trouvé une plateforme qui me permet de diffuser mon oeuvre, et qui me rémunère pour ça. Mais pour que ça marche, j’ai besoin de vous. Si vous avez lu mes Chroniques de la réa, je vous demande un coup de pouce, en allant poster votre avis sur la page du livre. C’est essentiel. Ce sont les comentaires qui font monter le livre dans les classements et qui le rendent visible. Si vous voulez me soutenir, nul besoin de passer par Facebook. Parlez de ce livre autour de vous et rédigez un avis. Oui, vous participerez à l’hégémonie d’Amazon, c’est vrai. Mais peut-être que le contenu du livre justifie cette alliance avec les forces obscures. Et puis, vous ferez de moi un auteur heureux.

Et c’est important, le bonheur !

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