Winter is coming

En 1543, Jacques cartier, mandaté par François 1er, quitta Saint-Malo et aborda les rivages d’un nouveau monde avec ses deux navires et soixante-et-un hommes d’équipage. Il fut le premier européen à parcourir ce territoire qu’il baptisa Canada, dérivé de l’iroquois Kanata, “village”.

Depuis le 16ème siècle, le visage de notre planète a bien changé. Mais l’envie d’exploration et d’aventure, elle, continue de faire vibrer le cœur des hommes.

Je ne vais pas partir de la cité corsaire mais de sa voisine Rennes, et ce n’est pas le bateau à voiles que je vais emprunter, préférant le confort (et la pollution) d’un avion moderne. Oui, je quitte le vieux continent, emportant deux moussaillons, une co-capitaine, ainsi qu’un fauve féroce, pour entamer un nouveau départ, se reconstruire dans une nouvelle vie.
Non, nous ne partons pas pour un ou deux mois.

Ceux qui nous connaissent ne seront pas surpris. Nous quittons ce que nous avons bâti ici pour mieux recommencer là-bas. Nous caressions le doux rêve de nous installer en Nouvelle-Zélande, mais l’accessibilité et les charmes incontestables de la région Québécoise nous ont convaincus de choisir l’Amérique. Car le Canada, c’est l’Amérique. Nous traversons l’océan pour rejoindre un autre continent. C’est une autre culture, une autre mentalité, et nous ne partons pas pour vivre ailleurs comme nous vivions ici. Ce qui nous anime, c’est l’envie de faire autrement, de découvrir autre chose, d’apporter à nos enfants un éclairage neuf sur le monde. Nous avons passé de superbes moments dans notre petit village breton. Nous avons construit des amitiés que nous n’oublierons pas. Atteint et dépassé les objectifs qu’on s’était fixés, en tant qu’individus et en tant que cellule familiale, voici neuf ans. A l’époque, j’avais un CDD de trois mois et ma conjointe n’avait pas de travail. La situation nous semblait bien plus incertaine qu’elle ne l’est aujourd’hui, pourtant la distance n’est pas la même. Le climat non plus, à ce qu’il paraît.

Nous avons reçu aujourd’hui la confirmation que nos dossiers d’immigration étaient acceptés. Nous entamons donc le marathon administratif qui précède notre exploration vers le nord, sur le territoire des loups. Direction Montréal, le retour à la ville, avec un mélange d’excitation et d’appréhension, mais surtout d’enthousiasme. L’idée de partir fait toujours naître cette sensation inouïe que tout est possible, et que les choix que l’on fait ne dépendent que de notre volonté.

Comme tout a déjà été dit, souvent en mieux, je laisse à Henri Miller le soin de conclure ce billet:

Une destination n’est jamais un lieu, mais plutôt une nouvelle manière de voir les choses.

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