Pandémie

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique qui sera destinée aux jeux, (essentiellement aux jeux de plateau) j’ai choisi de vous présenter Pandémie, qui comme son nom l’indique, est raccord avec l’actualité.

LE THEME

Vous l’aurez deviné aisément, le thème est celui de l’infection virale à grande échelle. Un des piliers de la création SF aux côtés des catastrophes naturelles hors normes (météorites monstrueux, tsunamis cataclysmiques et glaciations subites), des attaques extra-terrestres et de la guerre nucléaire totale, exploité par les écrivains et cinéastes qui fantasment sur l’apocalypse. Ce jeu est donc tout à fait dans l’air du temps et ne vous épargnera ni sueurs froides ni sinistrose. Sans compter que ce ne sont pas moins de QUATRE virus (oui, un c’était pas assez…) qu’il vous faudra combattre. Bon, c’est un jeu. Dans la réalité, on fermerait les frontières sanitaires, on cloisonnerait les pays touchés et on laisserait mourir leurs populations dans l’indifférence quasi générale. Ici, vous allez tenter de sauver le monde. Et pas question de s’enfermer dans le CDC d’Atlanta avec un stock de sardines en conserve.

Vous avez du pain sur la planche, croyez-moi.

PRINCIPE DE JEU

Heureusement, vous ne serez pas seul dans cette entreprise démesurée. Pandémie est un jeu coopératif, c’est-à-dire que les joueurs s’allient pour faire face aux mécanismes de jeu. Pour faire simple, tous unis contre le jeu. Autant vous dire que pour y avoir pas mal joué, de l’union, vous en aurez besoin. L’épidémie qui vous est proposée est du genre redoutable. Les foyers infectieux sont susceptibles de naître aux quatre coins de la planète, d’amplifier la contagion dans des régions déjà touchées, et de vous laminer, vous, votre incompétence et toute l’espèce humaine.

Les mécanismes de jeu sont relativement simples et rapidement assimilables. C’est un jeu auquel vous pourrez jouer avec des non initiés, plutôt habitués aux jeux “standard”. Ceci dit, comme pour tout jeu coopératif, le risque est qu’un joueur chevronné et/ou passionné par le jeu (si vous vous ramenez en combinaison NRBC, vous risquez de faire fuir tout le monde) décide des actions des autres joueurs à leur place.

Les règles sont simples et les tours de jeu assez routiniers. Ce qui rend le jeu difficile, c’est le fait que vous n’aurez jamais une partie identique, que les foyers se déclarent de manière aléatoire et que l’épidémie peut flamber extrêmement rapidement. Votre but, en tant qu’équipe, est de trouver un remède à chacun des quatre virus. C’est votre unique condition de victoire. Les conditions de défaite, elles, sont bien plus nombreuses et vous obligeront à ne pas négliger certains aspects du jeu qui peuvent sembler rébarbatifs (nettoyer les villes touchées, gérer le stock de cartes) mais qui sont en réalité indispensables. Chaque joueur incarnera un rôle et tentera de tirer un profit maximum de ses capacités spéciales. Vous jouez chacun votre tour, avec un nombre de points d’action à dépenser. Votre stratégie initiale dépendra de la situation en début de partie (qui n’est jamais la même)  mais autant que vous le sachiez : la partie se joue sur de petits détails, et un tour raté risque de vous faire perdre. Vous n’avez pas le droit à l’erreur !

CONCLUSION

Pandémie est un de ces jeux auquel on prend un vrai plaisir à jouer, quand bien même on perd souvent. L’immersion est très bonne, avec des mécanismes de jeu réalistes qui transforment les joueurs en témoins de la naissance d’une épidémie mondiale, hallucinante de virulence. Voir les villes tomber une à une, les foyers infectieux grandir et les virus se répandre comme traînées de poudre font froid dans le dos. Le jeu ne vous laissera jamais souffler, et lorsque vous pensez avoir contrôlé un point, une carte peut à tout instant faire basculer la partie. On joue contre la montre, et tout se joue sur de petits détails, des choix tactiques et une bonne entente entre les joueurs. Les parties ne sont pas longues (quarante-cinq en moyenne), les règles sont rapides à assimiler et le plateau de jeu ne prend pas beaucoup de place.

En contrepartie, même si le jeu est jouable par des novices, il peut s’avérer frustrant lorsque les défaites s’enchaînent  à cause d’un soupçon de malchance, ou si un joueur ne parvient pas à imposer ses choix. C’est d’ailleurs le point le plus négatif que je trouve au jeu : les rôles sont définis par l’intermédiaire de cartes tirées au hasard pendant la phase de préparation, mais n’indiquent en rien les personnalités ou traits de caractère des personnages. Il manque une vraie dimension role play qui aurait été vraiment excellente. Un joueur d’expérience aura tendance, plus ou moins malgré lui, à décider pour les autres.

L’extension Au seuil de la catastrophe ajoute des difficultés supplémentaires (!!!), la possibilité de jouer à cinq et surtout un bio-terroriste, un joueur qui sera amené à jouer contre les autres. (comme le félon des chevaliers de la table ronde ou le cylon de Battlestar galactica) Une vraie bonne idée, mais que je n’ai pas pu tester pour l’instant.

En bref, un excellent jeu, mais choisissez bien avec qui vous allez y jouer.

Type : Plateau

Nombre de joueurs : 2 à 4. Jouable en solo avec des scénarios. Jouable à 5 avec l’extension

Durée d’une partie : environ 45 minutes mais ça dépend si les joueurs sont causants ou non.

Place que ça prend sur une table à manger : pas trop. un peu de cubes en bois, quelques cartes et un plateau.

Difficulté : Modérée. Règles simples, victoire difficile

On peut y jouer avec les enfants/parents/grands-parents : non/oui/pourquoi pas

A savoir : il existe une nouvelle version du jeu, qui change l’aspect du plateau et des cartes, sans modifier les règles. L’extension au seuil de la catastrophe n’est pas compatible avec l’ancienne version.

 

1 commentaire sur “Pandémie

  1. Ouais ouais, super jeu. Mais comme pour chaque jeu, quand on gagne jamais, on finit par se lasser… Le plaisir de jouer, tout simplement…

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